Qu'est-ce que la consultation philosophique logicothérapeutique ?

Comprendre ce qu’est la consultation philosophique logicothérapeutique ou logicothérapie et quelle est la fonction du logicothérapeute présuppose de comprendre ce qu’est la philosophie.

 

Contrairement à ce que l’on nomme à tort couramment « philosophie » en désignant par ceci un discours empruntant leur contenu à l'histoire de la philosophie, aux sciences, à la psychanalyse, à la littérature et parfois même à la poésie pour les mêler au mépris de la rigueur en un discours qui relève d’elles toutes et néanmoins à proprement parler d’aucune à la fois, la philosophie est une science rigoureuse dont les disciplines constitutives sont distinctement définies : l’ontologie, l'axiologie, la praxéologie, la grammaire pure, l’apophantique, la logique et la phénoménologie sont autant de disciplines que le philosophe tend à maitriser et dont le logicothérapeute fait lui-même usage au cours de la consultation afin de distinguer ce qui vous apparaît problématique, les raisons de cette problématicité apparente et ainsi la résoudre. 

 

Plus précisément, sa fonction est de mettre à votre disposition ses connaissances philosophiques en se livrant à l'analyse critique de votre discours afin d'en vérifier la validité et vous permettre d’agir sans contradiction, laquelle est à l’origine de la majeure partie de nos problèmes et souffrances. Quant à vos problèmes et souffrances qui n'en sont pas issus, autrement dit non contradictoires, il s'efforcera de résoudre les premiers et – après les avoir distinguées les unes des autres – de mettre un terme aux souffrances auxquelles il est possible de le faire et de dominer les autres par la clarification de leur horizon.

 

Aussi, contrairement à la pratique largement répandue, il ne s’agit nullement de feindre de répondre à vos problèmes en vous citant d’obscures assertions non maitrisées extraites de visions du monde personnelles - aux antipodes desquelles se situe la philosophie - en comptant sur leur obscurité pour dissimuler le fait qu’elles n’y répondraient pas cependant qu’en réalité nous ne ferions que les voiler de davantage d’obscurité au mieux et au pire de confusion, résultat d'une consciente aspiration à imiter ce que l’on peut tant vanter et que la philosophie comme science rigoureuse tient pourtant pour un grave défaut : la profondeur. La profondeur est le symptôme d'un chaos que la vraie science veut transformer en cosmos, en un ordre analysé, simple, absolument clair. La vraie science, aussi loin que s'étende sa doctrine effective, ignore la profondeur. Chaque part de science achevée forme un ensemble d'étapes intellectuelles dont chacune est immédiatement intelligible, donc en rien profonde. La profondeur est l'affaire de la sagesse, l'intelligibilité et la clarté conceptuelles, celle de la théorie rigoureuse. Convertir les pressentiments de l'esprit de profondeur en leur donnant une forme claire et rationnelle, voilà le processus fondamental auquel travaille la constitution nouvelle des sciences rigoureuses. Les sciences exactes, elles aussi, ont connu de longues périodes où régnait sur elles l'esprit de profondeur et ont su, durant les controverses de la Renaissance, dépasser cet esprit de profondeur au profit de la clarté scientifique ; c'est exclusivement à cette même clarté que doit être soumise et aspirer à chaque instant la consultation.

 

La consultation philosophique n'est pas une consultation psychologique

Par ailleurs la consultation philosophique n'est pas une consultation psychologique, n'emprunte rien au contenu théorique de la psychologie et ne doit rien lui emprunter car la philosophie et la psychologie sont deux disciplines radicalement différentes. 

 

Aussi, toute mobilisation de la psychologie par un praticien se présentant comme consultant en philosophie doit non seulement aussitôt inciter à la plus grande méfiance mais aussi alerter : premièrement parce qu'en empruntant à la psychologie des fragments de son contenu théorique sans lui-même avoir suivi la formation scientifique qu'implique le titre de psychologue, il emploie des concepts dont il n'a pas la maîtrise et expose par là même le patient au danger de croire, évaluer, vouloir et agir en se fondant sur des opinions infondées et donc potentiellement fausses sinon absurdes avec tous les risques que cela implique ; secondement, parce qu'en agissant ainsi, non content de ne pas être psychologue, ce praticien indique qu'il confond la psychologie et la philosophie et qu'il ne sait donc pas ce qu'est la philosophie et qu'il n'est par conséquent pas non plus en mesure de recevoir en consultation de philosophie. 

 

Il est vrai qu'il existe un rapport de dépendance entre la philosophie et la psychologie : en effet, aussi incontestable soit désormais sa valeur, la psychologie ignore tout des principes auxquels elle est nécessairement subordonnée et dont traite la philosophie - raison parmi d'autres pour laquelle Romain Iborra reçoit des psychologues en consultation - étant donné que : 

  • d'une part, comme toute science basée sur l'expérience, toutes les fois qu'elle procède à un enchainement médiat de jugements, la psychologie doit se conformer aux principes formels dont traitent la grammaire pure, l'apophantique pure et la logique formelles

  • d'autre part, en tant qu'elle est, comme toutes les sciences, dirigée sur des objets, elle doit respecter les lois qui tiennent à l'essence de l'objectualité en général ; c'est ainsi qu'elle entre en rapport avec le groupe de disciplines qui constituent l'ontologie formelle et qui, à côté de la logique formelle au sens étroit, englobent toutes les autres disciplines qui constituent la mathesis universalis formelle 

  • enfin, tout fait psychique inclut un fonds essentiel d'ordre matériel et toute vérité liée aux essences impliquées dans cette structure doit engendrer une loi qui régit les cas empiriques donnés ainsi que tout cas possible en général et ressortit à l'ontologie matérielle et - relativement - à la grammaire pure, l'apophantique pure et la logique matérielles.

Cependant, si grande que soit l'importance méthodologique que la philosophie doit revendiquer à l'égard de la psychologie et si essentiels que soient les fondements qu'elle lui procure, il n'en demeure pas moins que malgré ce rapport de dépendance les unifiant, la philosophie et la psychologie sont deux sciences principiellement différentes qui par conséquent ne sauraient être confondues.

Quels sont les problèmes que la logicothérapie permet de résoudre ?

Par définition, la logicothérapie permet la résolution d'une infinité de problèmes.

 

Cependant, force est de constater que, malgré la singularité de chaque problème, laquelle résulte de la singularité de chaque personne, les problèmes pour lesquels les personnes demandent à être reçues en consultation présentent des analogies, de telle façon qu'apparaissent des types de problèmes dominants dont voici une liste non exhaustive :

  • problèmes individuels ​: ​

 – problèmes privés : absence d'estime de soi, quête d'identité, neuro-atypicité (HQI, THQI, Trouble "Dys", syndrome d'Asperger), trouble de la personnalité, vieillissement, affrontement d'une maladie

 – problèmes professionnels : stagnation, insatisfaction, harcèlement, burn out, orientation, reconversion, retraite, décrochage scolaire

  • problèmes relationnels :

 – problèmes conjugaux : rencontre, infidélité, perte de confiance en l'autre, séparation, divorce

 – problèmes familiaux : parentalité, conflits, deuil 

 – solitude

 – radicalisation

Est-il besoin d'avoir des connaissances philosophiques afin de pouvoir suivre une logicothérapie ?

Non, aucune connaissance préalable en philosophie ou en histoire de la philosophie n'est requise de la part du demandeur d'une consultation logicothérapeutique.